rose_tremiere

De toute les roses que nourrit la Terre
C’est la rose trémière que je préfère
Ni l’éclat ni l’élégance fière
Ni les simagrées ni le mépris
De ses cousines divas ennoblies
Au nom d’artiste aux couleurs d’envie

Délaissée des poètes des amants
En bouquet en poésie rarement
Trop pudique pour dire un sentiment
Aucune rancœur de cette grande fleur
La floraison fidèle aux chaleurs
D’été aux riches aux pauvres demeures

Absente des roseraies parcs floraux
Ignorée des salons foires expo
Des mondanités qu’elle prend de haut
De toute sa tige mince et flexible
Comme un roseau qui garde équilibre
Sous le vent les orages qui la criblent

En modestie elle laisse les parterres
Aux autres roses sans gêne, éphémères,
Des incompatibles en caractère.
La rose trémière embellit les murs
Des vieilles maisons, souvent en bordure
Accueille les amis, s’offre en bouture

Elancée comme un frêle mannequin
Elle, que je préfère sans griffe aux mains
Sans chapeau Chanel sans tailleur Cardin
Son parfum discret n’est que pour moi
J’appréhende l’hiver le ciel froid
Et son long sommeil des sombres mois.

Poême de Rolland

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Peinture Acrylique sur toile avec châssis de 61X50cm